T953 - Le jour où le gros porteur piqua du nez.
Le jour où le gros porteur piqua du nez.
« Dieu seul sait – d’autres aussi - que j’en ai entendu des coquecigrues.
Exagérément long le nez, une queue trop courte pour chasser les mouches
que le contraire m’eût été bien plus profitable,
Et plus encore, et encore.
Des yeux tout petits, des oreilles ridiculeusement surdimensionnées,
La peau d‘un gris terne sans la moindre fantaisie.
Et aussi, la bedaine pansue haut perchée sur de courtes pattes,
Etc. Passons, passons.
Pour résumer, à l’opposé du délicat colorié et aérien papillon
si souvent glorifié par les plus délicats poètes.
- Quel artiste soucieux de sa renommée aurait été inspiré par un éléphant ?
Bref, j’étais une créature peu gâtée par la nature lors de sa conception. »
Le pachyderme en fut chamboulé, littéralement retourné.
Il décida de se transformer en lépidoptère en un hasardeux pari.
Mal lui en prit.
Privé de son cornac qui s’était absenté pour satisfaire un petit besoin,
manquant d’expérience, n’ayant pu prendre correctement son envol,
pattes en l’air, en une fâcheuse position, le géant se retrouva cloué au sol.
Un coup raté.
Nous devons nous y attendre :
Les esthètes qui estiment que l’éléphant n’est plus adapté aux temps modernes,
qu’il soit dans un sens ou l’autre,
n’en finiront pas de trouver à redire et médire
sur ceci et cela qui ne colle pas
chez la grosse bête au nez en trompette.
*** fin ***